RCC/MAD : La CGT SOITEC rentre en négociation suite aux retours de la direction

La CGT SOITEC avait conditionné son entrée en négociation, la direction a répondu point par point à nos demandes.

Même si elle n’a pas répondu favorablement à l’ensemble de nos demandes, notre syndicat a pris la décision d’entrer officiellement en négociation RCC (Rupture conventionnelle collective) / MAD (Mise à disposition). Explications.

I. RÉPONSES DE LA DIRECTION CONCERNANT NOS CONDITIONS D’ENTRÉE EN NÉGOCIATION

1. Démarche Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT)

La direction a ENFIN accepté de remettre en place la démarche QVCT avec l’appui de l’ANACT. Elle a fait une présentation en ce sens pour une implémentation concrète dès septembre (réunion préalable prévue avec les organisations syndicales).

Méthodologie et étapes prévues :

  • Ateliers de proximité : Installation d’un « Atelier QVCT » accueillant des managers et salariés “animateurs” volontaires (binôme par équipe) sur 3 ou 4 séquences d’une demi-journée.
  • Objectifs : conception d’un dialogue autour du « travail bien fait » (travail de qualité).
  • Expérimentation : Test sur des problèmes concrets identifiés avec les équipes / les services, suivi de la mise en œuvre des changements retenus.
  • Évaluation : Restitution au comité d’orientation paritaire QVCT avant déploiement.

Pour mieux appréhender ce qu’est la démarche QVCT et le dialogue professionnel associé ainsi que leurs vertus, nous vous proposons d’écouter le court podcast ci-dessous de France Culture diffusé cette semaine.

PODCAST “Favoriser la parole des salariés, la démocratie commence au travail” : ici.

Cette écoute vous permettra également de comprendre les raisons pour lesquelles la CGT SOITEC, à l’initiative de la mise en place de cette démarche au sein de SOITEC, “ne lâchera pas l’affaire” sur ce sujet central pour l’entreprise & ses salariés.

2. Intéressement et Indicateurs Financiers

Des discussions ont eu lieu concernant la révision des seuils de déclenchement de l’intéressement pour les exercices à venir. La direction a finalement accepté l’avancée suivante.

  • Révision du seuil : abaissement du seuil de déclenchement à 7% d’EBIT/CA (au lieu de 10% initialement) ⇒ avancée obtenue pour les deux années à venir (FY27 et FY28)
  • Nouvelle proposition : versement de 2% de la masse salariale dès l’atteinte de ce seuil de 7% (puis augmentation avec l’EBIT/CA).
  • Prévisions EBIT/CA sur la base du consensus des analystes (seules données actuellement disponibles / cf. en bas de la page : ici)

– FY27 : scénario moyen : 2,9% // scénario haut : 7,9%
– FY28 : scénario moyen : 8,5%

3. Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) et mesure pour le pouvoir d’achat

La direction maintient sa position sur le calendrier des NAO (Q2FY27 = au plus tôt en octobre 2026), malgré nos alertes sur la perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation galopante, en particulier sur l’énergie. Cette dernière refuse, pour l’instant, de s’engager sur la rétroactivité des futures augmentations au 1er octobre 2026 et la garantie d’une augmentation couvrant l’inflation considérant que ce sont des enjeux de négociation de ces mêmes NAO.

Par contre, la direction a donné suite à notre revendication de mettre en place une mesure salariale conjoncturelle pour le pouvoir d’achat des salariés les plus touchés par l’augmentation du prix de l’essence à travers la prime de transport.

INDEMNITÉ DE TRANSPORT : Doublement de la prime de transport POUR TOUS pendant 4 mois

Remarque : initialement ce doublement devait durer seulement 3 mois mais nous avons obtenu un passage à 4 mois pour tenir compte de la période estivale et donc du nombre réduit de jours travaillés.

II. ORGANISATION CIBLE ET RESTRUCTURATION

Le projet prévoit 100 départs au sein de l’organisation.

  • Méthodologie : La direction présentera l’analyse d’impact et la répartition des départs selon l’organisation cible. Ces départs pourront se faire également par substitution.
  • Revendications syndicales : La CGT demande un délai de 15 jours entre la présentation du document définitif et l’information/consultation du CSE afin d’analyser, avec vous, l’adéquation entre l’organisation cible et la réalité du terrain. Notre syndicat portera une attention particulière aux conditions de travail de celles & ceux qui resteront à Soitec.

III. CALENDRIER DES NÉGOCIATIONS

  • 12 mai (matin) : première réunion officielle de négociation. Présentation de la méthodologie.
  • 20 mai : vision plus claire de l’organisation visée.
  • Fin mai / début juin : CSE extraordinaire pour consultation sur l’organisation et l’analyse d’impact.

IV. L’IMPORTANCE CRUCIALE DE SAISIR TOUS LES ENJEUX DE CETTE NÉGOCIATION

Pour la réunion du 12 mai, la direction n’attend pas, pour l’instant, de revendications précises (= chiffrées) concernant l’ensemble des modalités à mettre en place dans le cadre de la RCC. Par contre, elle a clairement indiqué qu’il y avait un principe de vases communicants entre le budget qu’elle allouerait pour les salariés qui partiront (RCC) et les futures mesures salariales pour les salariés qui resteront (NAO et autres).

C’est là où réside l’ENJEU MAJEUR de cette négociation pour la CGT SOITEC, à savoir trouver « un chemin de crête » pour contenter TOUS les salariés. Notre syndicat a indiqué, dès que la direction a communiqué sa volonté de supprimer des emplois à Bernin, que notre priorité était de garantir des conditions de travail satisfaisantes sur site mais également des mesures salariales décentes dans un contexte inflationniste pour celles & ceux qui restent.

C’est pourquoi, dans le cadre de départs uniquement VOLONTAIRES (pas de licenciements économiques contraints / pas de PSE), la CGT SOITEC ne jouera pas “les marchands de tapis” en revendiquant des mesures infinançables sans léser les salarié.e.s qui devront assurer l’avenir de l’entreprise.

Par contre, de son côté, notre direction qui porte une très lourde responsabilité concernant la situation de notre entreprise (…) ne devra pas se laisser imposer ses futures décisions par une boussole uniquement financière de court-terme comme ce fut trop souvent le cas avec les conséquences que l’on connaît.

Nous considérons toujours que le dispositif des Mises À Disposition (MAD) reste LE MEILLEUR OUTIL socialement et économiquement pour l’entreprise dans le cadre de cette négociation afin de préserver nos perspectives de reprise (maintien d’un maximum de compétences & savoir-faire, pas de dépense pour l’entreprise, possibilité éventuelle pour les salariés volontaires de rester au sein de leur entreprise d’accueil…).

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